Après la mort de Tiphaine, à l'Aigle, lundi 26 décembre.
QUATRE PERSONNES INCARCEREES
L'enquête sur la mort de Tiphaine s'annonce longue et difficile car de nombreuses zones d'ombre demeurent sur l'enchaînement des faits qui ont conduits à la mort de cette lycéenne de 18 ans, lundi 26 décembre à l'Aigle. Quatre personnes ont toutefois été interpellées. Mises en examen, elles ont été incarcérées...
A l'Aigle, le quartier Blaizot est sous le choc après la disparition tragique de Tiphaine, une jeune femme âgée de 18 ans, battue à mort et dont le corps sans vie a été retrouvé lundi dernier, 26 décembre, en fin d'après-midi, comme nous vous le révélions dans notre précédente édition.
Quelle est la raison exacte qui a conduit à la mort de cette jeune femme, élève en Terminale STT du lycée Napoléon? L'enquête, conduite par les gendarmes de L'Aigle et la brigade de recherches de Mortagne, est loin d'être bouclée. Car les enquêteurs vont maintenant devoir procéder à de nombreuses vérifications afin de démêler totalement l'écheveau compliqué des faits et des déclarations. Et de comprendre le mécanisme du drame, alors que quatre personnes ont été interpellées, mises en examen et écrouées dans cette affaire.
Des amies qui se disputent
Selon les premiers éléments de l'enquête, dans la journée du lundi 26, Tiphaie et Lénaïc se seraient retrouvées dans un bar aiglon afin de régler un différent amoureux: les deux jeunes femmes étaient en effet éprises d'un jeune homme qui voulait quitter Lénaïc pour Tiphaine; Tiphaine aurait en outre reproché à Lénaïc la diffusion sur Inernet de photos et des échanges de SMS jugés agressifs. Cette affaire de SMS avait d'ailleurs donné lieu à un signalement à la gendarmerie de L'Aigle, qui avait réglé ce problème alors sans grande importance entre les deux post-adolescentes, amies de surcroît. Mais le 18 décembre, alors que Tiphaine participait à une compétition de Twirling bâton à Caen, Lénaïc s'est rendue chez elle dans le but de voir son ex-petit ami, s'opposant alors à sa mère. C'est l'ensemble de tous ces petits différents que les deux jeunes femmes devaient régler, avant que la dispute ne tourne à la tragédie...
Coups violents
Lorsque les sapeurs pompiers aiglons se sont présentés au domicile de Lénaïc, appelés pour un "malaise à domicile", ils vont vite constaté que Tiphaine avait reçu des coups violents. Malgré l'intervention d'une médicale de SMUR, la jeune femme décédera sur place. Aux secouristes, Lénaïc avoue alors spontanément avoir frappé Tiphaine, expliquant que sa tête a heurté le pied du lit. Mais très vite, l'enquête et l'autopsie laissent apparaître une version différente et bien plus sordide des faits: Tiphaine a été littéralement rouée de coups de poing et de pieds, notament au visage.
Outre Tiphaine et Lénaïc, une troisième personne se serait trouvée dans la pièce à ce moment-là:Claude, un ami de Lénaïc, qui aurait participé à la bagarre. Ensuite, les présumés agresseurs auraient tenté de se débarrasser du corps de leur victime: une fois Tiphaine enfermée dans le coffre de leur voiture, ils auraient tourné pendant environ une demi-heure avant de revenir rue de Mérouvel où le corps a été replacé dans la chambre. Désemparée, Lénaïc appelle alors sa mère, Marie-Louise, et son frère Matthieu. Constatant la gravité des blessures, le quatuor fera enfin appel aux secours.
Au final, quatre personnes ont été écrouées dans cette affaire: Lénaïc et Claude tous les deux âgés d'une vingtaine d'années, mis en examen pour homicide volontaire par la juge d'nstruction Marine Jan, du tribunal de grande instance d'Alencon, ainsi que Marie-Louise et Matthieu, la mère et le frère, mis en examen pour non assistance à personne en danger et dissimulation de preuves.
Nota bene: cet article prend en compte les premiers éléments de l'enquête, tels qu'ils ont été communiqués. Mais, selon la loi, il est bien entendu que les personnes mises en causes restent innocentes des faits qui leurs sont reprochés tant qu'elles n'auront pas été reconnues coupables par la juridiction compétente